Avant d’adopter…

Réflexion, conscience, engagement sont les maîtres mots d’une adoption réussie. Il s’agit d’une décision qui doit être mûrement réfléchie et qui ne doit en aucun cas être prise à la légère ou sur un coup de tête. A la SPA, nous savons que rien n’est plus voué à l’échec que les « adoptions cadeau » (« Je ne sais pas quoi offrir pour Noël ; pourquoi pas un chien ? ») ou les « adoptions surprise » (« Mamie est toute seule maintenant, elle a besoin d’une compagnie : on va lui prendre un matou ! »). Ces cas, hélas fréquents, débouchent le plus souvent sur de nouveaux abandons et sur un surcroît de souffrance pour des animaux qui en ont déjà eu leur lot. Un animal n’est pas un objet qu’on peut rapporter au magasin si l’on n’en est pas satisfait : c’est un être vivant et sensible. Prenez le temps de lire les quelques précautions à prendre avant de vous lancer.

Attention à ne pas venir au refuge avec trop d’idées préconçues : une race n’est pas la  garantie d’une adoption réussie : un bon vieux corniaud est aussi « adoptable » qu’un labrador avec pedigree et, surtout, mérite tout autant sa chance. Venez donc au refuge, écoutez les conseils des membres du refuge qui vous présentent les chiens : ce sont eux qui les connaissent le mieux.

Soyez clairs sur vos attentes et vos interdits : vous n’êtes pas un sportif confirmé ? alors Médor, qui est certes très beau mais qui a besoin de deux heures de balade intensive par jour, n’est pas fait pour vous. Parmi tous nos pensionnaires, vieux, jeunes, sportifs, pantouflards, joueurs, calmes, XS ou XXL, chiens à pedigree ou clébards du coin de la rue, vous trouverez forcément votre moitié canine !

Il est bon de venir plusieurs fois au refuge avant d’adopter, pour sortir le chanceux sur qui vous avez jeté votre dévolu. Promenez-le, asseyez-vous dans l’herbe avec lui de façon à le rencontrer dans des circonstances diverses. Ne jugez pas un chien à ce qu’il vous montre dans son box : il est à ce moment-là surexcité par cette présence étrangère, déchaîné à l’idée d’aller en promenade : un chien qui aura l’air d’être un véritable fou furieux pourra se révéler tout à fait calme et fréquentable une fois à l’extérieur.

L’émotion intense qu’engendre l’adoption d’un animal est indéniable, mais le bonheur du moment ne doit pas cacher les responsabilités qu’entraîne cet acte : c’est, en effet, un choix qui vous engage pour une quinzaine d’années, qui exigera beaucoup de vous et de votre famille. Il est donc essentiel de vous demander avant d’adopter si vous êtes prêt à lui consacrer :

– Du temps : les promenades par tous les temps (hors de question de le priver de sa pause pipi même s’il tombe des cordes), les câlins, la préparation des repas, l’attention à sa santé, à son éducation…

– Des conditions matérielles parfois contraignantes : un jardin, une clôture, des vacances bouleversées (les pensions représentent un investissement financier important mais surtout sont parfois une véritable épreuve pour ces animaux qui connaissent souvent l’angoisse de l’abandon), des absences réduites dans la journée, des poils partout, des papattes sales sur la moquette du salon…

– De l’argent : l’équipement de base (collier, laisse, gamelles, jouets, niche…) la nourriture, les frais vétérinaires s’il est malade ou quand il se fera vieux.

– De l’affection : il vous demandera de l’attention, des caresses, il vous causera du chagrin quand il sera malade ou quand il s’en ira et vous devrez être auprès de lui.

Si le chat représente un investissement moindre, il ne faut pas pour autant oublier que, malgré sa  réputation d’animal indépendant, il n’aime pas la solitude permanente pour autant, loin de là, surtout s’il n’a pas d’accès à l’extérieur, qu’il faudra nettoyer sa litière, le soigner…

Reportez-vous à la partie conseils pour prendre connaissance de ce qu’exige l’adoption d’un chien ou d’un chat : vous verrez alors si vous êtes réellement prêts à endosser le rôle gratifiant mais contraignant de maître. Si vous êtes épouvantés par l’engagement que cela représente, mieux vaut alors renoncer et épargner à un animal déjà éprouvé, ainsi qu’à vous, une relation déséquilibrée, immanquablement source de contrariété.

Mais si vous tenez à « sauver » un animal tout de même, d’autres solutions s’offrent à vous : nous aider